TOURISME ET FESTIVITÉS

HISTOIRE ET
TRADITIONS

Remerciements les plus sincères à Mademoiselle Christiane CASSOU, rédactrice de cette page qui nous dévoile quelques belles vérités historiques sur Neffiès.

Référence bibliographique :
« Neffiès  toute une histoire des origines au début de l’ère moderne » de Guilhem BEUGNON et Christiane CASSOU
la Société archéologique scientifique et littéraire de Béziers (2011).

NEFFIES (de l'origine du nom)
Après la mort de Louis le Débonnaire en 840, il y eut pendant de longues années, de grands désordres dans l’État. Les grands vassaux en profitèrent pour s’emparer des biens ecclésiastiques.
Petit à petit, les monastères et les paroisses s’appauvrirent, la situation fut intenable. Alors le clergé protesta. Un concile provincial et la charte de restitude de 990 obligèrent les nobles à rendre les biens usurpés.
Parmi ces nobles se trouvait Guillaume Vicomte de Béziers et d’Agde. Il avait usurpé tous les biens de l’abbaye de Saint Thibéry dont « NEFFIANI » faisait partie.
Le concile, pris de remords au moment de partir en pèlerinage à Rome le 28 février 990, restitua tous les biens qu’il avait pris, y compris « NEFFIANI ».

N’en déplaise aux amateurs de « Neuf-fiefs », cette étymologie n’est qu’une jolie légende à laquelle il ne faut pas croire. Les mots sont comme les cloches ; on leur fait dire tout ce qu’on veut, et par conséquent bien des absurdités (Crouzat 185).
LA CIRCULADE de NEFFIES
Un étranger arrivant dans la plaine languedocienne, s’il est un observateur attentif, sera frappé par le paysage tout à fait singulier : c’est la présence du groupement de l’ancien habitat. C’est bun héritage qui remonte à l’an 1000. C’est le cas en Languedoc, où de ce fait, naîtront ces agglomérations uniques que nous appellerons « circulades ».
Quant aux châteaux, généralement en bois, ils ont disparu. Mais l’espace qui leur a succédé et qui fréquemment s’est vu occupé par différentes constructions épousant le contour circulaire du noyau. Tel est le cas à Neffiès où l’ancien donjon apparaît submergé par différentes constructions.
Combien de Neffiessois savent que notre village possède une circulade ?
Il aura fallu qu’un architecte polonais KRZYSZTOT-PAWLOWSKI vienne fureter dans la région pour que nous en ayons la révélation.
Une des plus célèbres chansons de Charles Trénet ne dit-elle pas « vous qui passez sans me voir … »
LES VILLÆ CAROLINGIENNES
Sous Auguste, la cadastration des terres se faisait sur la base de la centurie, surface de 710m de côté et d’une contenance de 50ha.
Après avoir accompli vingt ans de service militaire et ne pas avoir été autorisé à se marier, dès sa démobilisation, le centurion se voyait attribuer une « centurie » et devenait « colon ».
Au centre, il construisait sa « villa » et les dépendances nécessaires pour son exploitation : moulin à blé et à huile, pressoir à vin, bergerie et étables pour le bétail, four pour cuire les poteries et habitations pour les domestiques (50 personnes). Il devait apporter des plants de vigne.
Dans l’arrondissement de Béziers, on a reconnu 985 villæ et dans le triangle Caux-Neffiès-Roujan plus de 30.
Quant à Neffiès, il y en a plus de 4 dont une devait appartenir à un riche romain ; vestiges trouvés : tête de Bacchus, d’Adrien, pièces de monnaie, un cippe, etc ...
L’ÉGLISE
Gothique méridionnal XIIIe siècle à nef unique sous le vocable de Saint Alban 1er , martyr de Grande-Bretagne.
Vitraux du chœur représentant Saint André, Saint Alban, Saint Joseph du maître verrier Louis Pagès (1880).
Les vitraux du fond de l’église sont XXe siècle et sont sans valeur.
Les culots sculptés sont très frustres.
Le porche plus récent est surmonté d’une tour-porche réparée en 1740.
C’est au Nord-Nord Ouest du village qu’elles sont rassemblées. On en compte une vingtaine. Quelques unes sont ruinées.
Certaines sont intéressantes :
- Trois aux Geïssières dont une incluse dans le mur de soutènement. C’est une construction circulaire en petite coupole munie de deux contreforts.
-une à Pioch Clergue, également incluse dans un mur, un petit escalier extérieur permettant d'enlever ou de remettre la "lauze" qui fermait le sommet (pour évacuer la fumée quand on allumait du feu à l'intérieur).
Les capitelles visibles de nos jours n'ont pas plus de 300 ans.
LE RECIF CORALLIEN de NEFFIES
Dans la région de Neffiès, au sud du village, une côte sans doute escarpée a permis l’installation d’une petite côte récifale qui devait se prolonger certainement plus loin vers l’ouest.
La faune collarigène est peu abondante en espèce ; 6 espèces signalées (aspect de ruches pétrifiées).
Les polipiers simples sont très rares.
Au récif est associée toute une forme de mollusques, principalement les huitres ostréa crassissima et les oursins.
Une bande naturelle et résistante est le vestige d’un récif corallien installé en barrière à quelques distances du rivage de la mer du miocène.
Développé à cet endroit, il y a une vingtaine de millions d’années, le récif séparait la mer ouverte au sud d’un lagon peu profond qui baignait le site de l’actuel village.
La conservation des récifs coralliens de cette mer du miocène est exceptionnelle.
Il n’y en a que peu d’exemples et celui de Neffiès est tout à fait remarquable.
Ces récifs peu construits, ont souvent mal résisté à l’érosion.
Ils sont constitués de colonies coralliennes qui s’envasaient progressivement et étaient remplacées par d’autres implantations.
L'OPPIDUM de PIOCH ARRAS
Une grande activité géologique et humaine a toujours régné dans notre région.
En 1987, des fouilles de sauvetage ont mis à jour, sur une grande surface, un habitat de hauteur : l’oppidum de Pioch Arras (dit de Caylus), occupé au néolithique final et au bronze final vers mille ans avant notre ère.
Beaucoup plus tard, l’occupation romaine apportera la sécurité par la « Pax-Romana » et les Oppida seront oubliés pour vivre dans les plaines.
LES CAPITELLES
Capitelle – capitelo = petit abri. Architecture rurale en pierres sèches.
Les cabanes en pierres sèches, faites de matériaux indigènes (schiste, grès, basalte) ont toutes en commun d’être bâties selon la technique de la voute en encorbellement et de n’employer aucun liant. Elles sont de formes très diverses.
La capitelle est toujours un abri temporaire d’agriculteur permettant de s’abriter des intempéries et de remiser le matériel agricole pour les récoltes. C’était aussi un dépôt provisoire de récoltes (olives, raisins).
Le nom « capitelle » est un nom générique qui aurait vu le jour dans la région de Nîmes par des archéologues du XIX siècle.
Le nom varie d’une région à l’autre : Orry dans les Pyrénées, Cases d’Auvergne, Bories en Provence, Carabelle (ou caravelle) à Faugères, Granges à Neffiès, Caux, Roujan, etc ...